Vendredi 13 Octobre 2017

Découvrez l'univers des bières d’abbaye

Goedemiddag dames en heren !

(Bonjour mesdames et messieurs !)


On entend souvent parler de la Belgique comme étant l’un des principaux hauts lieux de la bière dans le monde et elle est très prisée auprès des touristes qui aiment déguster ce genre de produit. Bien que ce ne soit pas dans ce pays que la bière ait été « inventée », il faut avouer que sa bonne réputation tient grâce à plusieurs raisons. Le style de « bière trappiste », ou plus largement « d’abbaye » (prononcer A.B.I.), est l’une des plus connues et c’est celle-ci que j’aimerais aborder dans le présent article.


D’abord, pour utiliser l’appellation de bière trappiste, la brasserie doit respecter principalement deux conditions très particulières. Premièrement, l’implication des moines était autrefois obligatoire et ceux-ci étaient beaucoup plus nombreux. De plus, il était nécessaire qu’ils soient impliqués dans toutes les moindres étapes du processus de brassage. Par contre, le vieillissement et la raréfaction de la population monastique font en sorte qu’aujourd’hui, il suffit parfois d’un seul moine sur le conseil d’administration de la brasserie pour respecter ce premier règlement.


Ensuite, la brasserie doit suivre les principes de « l’ordre cistercien », c’est-à-dire le principe de non-enrichissement volontaire. Ce qui veut dire que les profits réalisés servent à l’entretien, à la rénovation des lieux, à des œuvres de charité et à d’autres causes diverses. La majorité des brasseries trappistes sont situées en Belgique et ce sont elles les plus anciennes dans l’histoire brassicole. Quelques monastères trappistes brassent aussi ce type particulier de bière aux Pays-Bas, en Autriche, en Italie et même aux États-Unis. Lorsqu’une brasserie produit un type de bière semblable (mais qui ne respecte pas les conditions mentionnées plus haut), on dira que c’est une bière d’abbaye, à défaut d’avoir le droit d’utiliser le terme de bière trappiste. 


Pour ce qui est des bières du style d’abbaye, qu’elles soient trappistes ou non, on en retrouve généralement quatre sur le marché québécois. 


Les voici :


– La blonde belge ou EnkelTouche de fruits tels l’abricot, la pêche, l’orange ainsi que certaines notes d’épices légères qui se dégagent du travail des levures dans ce style de bière qui est bien désaltérante.


– La double Belge ou DubbelPourquoi « double » ? Nommée ainsi parce qu’on y mettait approximativement le double de matières solides (malts, houblons, épices, levures) pour la même quantité de liquide, cette bière est traditionnellement brune au lieu de blonde. Elle offre à votre palais des notes de fruits rouges confits, de fines herbes et parfois d’anis, ainsi qu’une légère touche de mélasse.– La triple Belge ou TrippelVersion plus corsée de la blonde belge, on y retrouve sensiblement les mêmes arômes - quoique plus intenses, et on note habituellement une légère chaleur d’alcool et un plus grand sucre résiduel.


– La quadruple Belge ou Quadrupel et aussi appelée ABTCe dernier style était souvent ce qui constituait la réserve privée de l’abbé (abbot en anglais, abrégé par ABT) pour sa consommation lors de grandes occasions ou pour les invités de marque. Étant traditionnellement une bière brune forte, on y retrouve un profil de saveurs similaires à la double Belge, mais avec des goûts encore plus puissants. À consommer avec la modération dont seul un abbé sait faire preuve !


Vous voilà maintenant équipés afin de mieux comprendre le complexe et merveilleux univers des bières d’abbaye. 


Gezondheit !

(Santé !)


Pascal, bièrologue au Balthazar