Mercredi 8 Novembre 2017

La folie NEIPA

Bonjour à vous amatrices et amateurs de bières de tout genre !


Avez-vous entendu la rumeur ? Un nouveau style d’IPA (India Pale Ale) a pris l’Amérique du Nord d’assaut et révolutionne le monde brassicole ! En effet, les NEIPA (ou NE IPA pour New England IPA) créent un engouement frisant (et même complètement envoûtant !) un peu partout dans une Amérique toujours plus avide de houblon.


Selon certains, les NEIPA prennent leurs origines en 1994 en Nouvelle-Angleterre. Par contre, il serait plus juste d’affirmer que celles-ci proviennent plutôt du Nebraska (NE, Nebraska IPA). En général, on reconnait que le style initial s’est plutôt développé au Vermont au cours des années 2000. En effet,   John Kimmich — brasseur et propriétaire de The Alchemist, a lancé la tendance avec la Heady Topper,une double IPA légendaire qui suscite les passions depuis qu’elle a été mise en canette en 2011. D’autres microbrasseries du nord-est des États-Unis ont emboîté le pas (je pense entre autres à Lawson’s Finest Liquids, Hill Farmstead et Foam au Vermont, Trillium et Tree House au Massachusetts) suite à cette fantastique découverte. Les microbrasseries du Québec n’étant pas en         reste, succombent également à ce nouveau et délicieux style d’IPA (Vox Populi, Shelton, Lagabière, Brasseurs du Nord, pour ne nommer que celles-là).


Ceci étant dit, qu’est-ce qui définit réellement les NEIPA ?


Tout d’abord, les NEIPA ne sont pas filtrées et elles sont donc « troubles » (parfois tellement qu’elles  ne sont pas particulièrement appétissantes). L’absence de filtration permet d’ajouter de la texture grâce à l’utilisation de grains non maltés et riches en protéines. Cette technique permet de retenir le  maximum d’huiles essentielles provenant des houblons. Les NEIPA mettent donc de l’avant l’aspect fruité des houblons — plutôt que leur amertume, surtout celles aux accents de fruits tropicaux (Citra,  Galaxy, Mosaic, etc.). Pour se faire, tous les moyens d’ajouter du houblon sont bons, que ce soit dans lacuve d’empâtage (mash tun), par décoction (comme un thé), par ajout à la fin de l’ébullition, dans les   cuves de fermentation (dry hop), etc.


Il en résulte donc une bière à l’aspect et aux arômes de jus de fruits, ainsi qu’à l’amertume faible à moyenne. Certains (je pense entre autres à Jukebox, Boswell et Vrooden) ajoutent même du lactose, de la vanille et de la purée de fruits afin d’adoucir encore plus l’amertume de ces bières. Dans ce cas, on   parle du style de la Milkshake IPA qui est, à mon avis, l’évolution logique de la NEIPA.Dans tous les cas, il s’agit d’un type de bière dont la popularité ne risque pas de décroitre de sitôt.


Santé !


Simon, bièrologue au Balthazar